d.n°28
EXTRAIT

Elle hésitait à lui répondre. Nicole avait horreur des "je t'aime". A dire vrai, c'était une phrase qu'elle méprisait. Elle l'avait dite tant de fois quand elle n'en pensait pas un mot...

DIGRESSION

Bar de l'Hôtel K, trop de gens connus, trop de style.
Mais fauteuils confortables.
J'attends mon homme.
Je te reconnaîtrai les yeux fermés, m'a-t-il dit tout à l'heure.
L'humour chez un homme, ça m'a toujours fait craquer.
C'est notre premier rendez-vous.
Je ne l'ai jamais vu, je ne connais de lui que ses mots.
Séduite par lui il y a 48 heures.
Internet est une vraie source de bonheur.

Jérôme se tient debout derrière elle, il est arrivé par surprise quelque minute auparavant. Il évalue la marchandise, il se dit qu'elle pourra faire l'affaire, un ou deux jours pas plus, après il faudra s'en débarrasser, il reste tant de femmes à conquérir. Il est dans la bonne tranche d'âge, il ment un peu sur sa profession, il n'est pas directeur commercial, juste commercial, un titre ce n'est rien. Il pourrait prendre la place du directeur s'il en avait envie. Mais non, il travaille déjà suffisamment, et son temps libre alors ! Il lui dit de fermer les yeux, qu'il veux la surprendre. Il a un bouquet de roses à la main, elle est si belle, elle mérite au moins des fleurs. Il la complimente, sur ses mains, des mains si fines qu'il aimerait déjà la prendre par la main, l'enlever, quitter cet endroit superficiel, s'enfuir fougueusement dans Paris, main dans la main. Il avait tellement peur de la rencontrer - non, garde encore les yeux fermés, je t'en prie, c'est plus facile pour ce que j'ai à te dire - peur de ne pas être à la hauteur. Comment faut-il faire pour te plaire Géraldine ?

Il attend sa réaction. Est-ce que le charme agi ? Les yeux clos, c'est une de ses trouvailles pour conclure rapidement.

Géraldine le regarde, elle sourit. Elle est émue, presque bouleversée par ses paroles. Elle a des étoiles plein les yeux de les avoir trop longtemps laissés fermer. Elle se dit que c'est le destin même s'il est trop beau pour elle. Elle n'est pas déçue, au contraire, elle le trouve très séduisant. Elle a envie de tomber amoureuse. Toutes ses histoires anciennes, ses échecs sentimentaux, ses ex, elle est en train de les oublier. Jérôme redonne du sens à ces mésaventures, à son actuel célibat. Bien sûr qu'elle pourrait se marier avec lui. Des enfants ? peut-être, si ça marche, j'aimerais bien en avoir trois. Pour le moment, elle n'a pas grand-chose à lui dire, c'est surtout lui qui alimente la conversation - il a déjà bu deux mojitos - elle met ça sur le compte de la timidité. Elle n'aime pas se livrer trop vite. Elle préfère l'écouter parler de ses voyages, de son travail.

Jérôme a aperçu quelques-uns de ces amis dans une pièce voisine. Il quitte momentanément la table et Géraldine reste seule une dizaine de minutes. Elle n'ose penser - cela ne se fait pas, un premier rendez-vous, il pourrait écourter ou me présenter, c'est la moindre des politesses - elle regarde de temps en temps son portable, fait semblant d'écrire un message ; en scrutant la liste de ses contacts, elle se demande qui elle pourrait bien appeler pour lui faire part de ses impressions. Elle ne sait pas vraiment. Ils sont tous mariés ou en couple, personne ne comprendrait ce qu'elle vit, elle passera encore pour une pauvre fille prête à se jeter dans les bras du premier venu, éternelle amoureuse, trop romantique, cœur d'artichaut, idéaliste, non décidément, il vaut mieux s'abstenir. Et puis, si Jérôme revenait, elle ne saurait pas comment en finir, elle rougirait, cela prouverait qu'elle a des sentiments pour lui, les hommes sentent tout de suite ce genre de chose - je ne veux surtout pas l'effrayer.

Jérôme revient à leur table - je suis désolé Géraldine, ce sont des relations professionnelles, un gros contrat en perspective, je ne pouvais pas me permettre de les négliger.

Elle a cru qu'il l'avait appelée Sabine, mais elle a du se tromper. Il y a beaucoup de monde, de la musique, oui, ce doit être une erreur, elle a mal compris.

Dînons ici, je t'invite. Il lui doit bien ça, et surtout, il veut en finir avec elle. Entre temps, il a reçu un mail sur son i-phone d'une fille qu'il cherche à joindre depuis des semaines, elle lui a donné rendez-vous demain soir, il ne faut donc pas traîner avec Géraldine. Dans une heure, elle sera à point, il la raccompagnera à scooter, un dernier drink et puis au lit. J'espère qu'elle couche tout de suite, pourvu que ce ne soit pas une sainte nitouche qui a besoin de trois rencards avant de passer à l'acte. Si elle commande des fraises au dessert c'est gagné.

Non, merci je n'ai plus très faim, juste quelques fraises.

Bingo !

Jérôme ramène Géraldine dans son petit deux pièces du quartier Latin. Elle lui sert son quatrième mojitos de la soirée. Il l'embrasse - tu es si belle, tu es ma princesse, notre rencontre, c'est un rêve qui se réalise enfin - il la sert dans ses bras, il la regarde langoureusement, il la caresse et il la saute.
Le lendemain, il est debout à l'aube, il n'aime pas les petits-déjeuners, pour se raconter quoi ? la veille, avec un peu d'alcool sa conversation était déjà ennuyeuse, alors ce matin...

Je pars chérie, c'était une très belle soirée, je t'appelle, je t'aime. 

Rédigé par OO le Mercredi 5 Mai 2010 à 09:34
d.n°27
EXTRAIT

Ravelstein était un homme de plus haute taille que moi. Il avait les moyens de s'affirmer de manière frappante. Du fait de sa haute stature, il donnait aux habits qu'il portait un effet spectaculaire. Je n'aurais jamais imaginé lui disputer cela. Pour être réellement beau, un homme doit être grand. Un héros tragique doit être d'une taille supérieure à la moyenne.

DIGRESSION

Toi je t'ai vu, j'ai détesté ton style, ton regard, ta surabondance et ton impétuosité
Je t'ai vu et j'ai haï ta masse, ton corps, ton allure, ta taille, ta gueule
Te voir et j'ai méprisé mon être car je me savais piégée
Prise dans les griffes du fauve, incapable de me défendre, avancer, avancer vers toi
J'étais déjà à toi que tu ne m'avais pas encore remarquée
J'aurais conquis le monde pour voir tes yeux une seconde se poser sur moi
Tu ressemblais à un dieu revenu de l'Olympe pour terrasser les hommes et abuser leurs femmes
Tu écrasais les êtres, on ne voyait que toi, excessivement et démesurément ta présence
Fuir tant qu'il était encore temps, rester discrète, ne pas s'approcher, ne rien tenter, ne pas le séduire, ne pas le séduire
Mais comment résister à l'appel du géant, moi qui n'avais jamais rencontré Jupiter
Je me sentais victorieuse, vous m'aviez aperçu
N'existait-il pas plus folle gloire ce jour que d'attraper votre regard
L'endroit restait ordinaire mais vous étiez irréel
Vînt la nuit, mon fantôme, ma maîtresse, mon univers et mes cauchemars
Là je sombrai dans l'alcool pour mieux tomber dans vos bras
Je n'ai rien entendu, je n'écoutais pas, ne pas perdre pied, faire face
Tes lèvres sur mes joues brisent mes membres
Je me souviens d'un rendez-vous avec Hadès
Sexe conquérant, un désir qui rend fou, tout chez toi est démesure
Et tes yeux enfin qui m'observent, se moquent ou s'interrogent, je ne devine pas encore
Un océan nous sépare et pourtant je suis là, dans tes bras pour combien de temps ?
Toi si vivant et moi si froide, le feu se consume en ta chair, dans mes veines, que d'eau, que d'eau
A ton contact mon esprit se vide, tel un vampire tu sais prendre le meilleur et ne me laisse rien, je me sens si petite, parfois si ridicule, et tu te joues de moi
Je me laisse abuser par cet excès de vide
Par ce cœur pris ailleurs, par ce sexe trop grand ; seigneur de tes pensées
20 centimètres + 7
Amen !

Rédigé par OO le Lundi 3 Mai 2010 à 22:02
d.n°26
EXTRAIT

Si vous êtes médiocre, même si vous vous efforcez de peindre très, très mal, on verra que vous êtes médiocres.
DIGRESSION

Première tribune : Ronsard, Dante, Shakespeare, Hugo, Chateaubriand, Proust, Joyce... : les punks classiques, les référents, habillés de cuir, il faut savoir malmener la littérature, avançons poignets cloutés, crête rouge et crâne rasé, nous allons tout détruire, nous serons les maîtres, nous n'allons parler que de nous pendant des siècles, levez le poing, amis, frères, ils ne pourront plus écrire sans penser à nous, on va leur casser l'écriture, on va se mêler de politique, le pouvoir aux écrivains, certains seront bannis, allez ouste en exil! et puis on reviendra, amenez les chiens, on vivra dans la rue, entretuez-vous à Bruxelles Rimbaud / Verlaine, on boira ce qu'il faut pour une belle écriture, on ne laissera rien aux autres.
Contestation, revendication, fuck les institutions, notre squat est le plus grand des domaines.
Nous sommes des Créateurs, avec un C majuscule comme Dieu.
On aura des épingles à nourrice aux oreilles, on portera des kilts et des doctor marten's.
On montrera du doigt Vivienne Westwood et d'autres s'en mettront plein le pif.

Deuxième tribune : les minoritaires, les contestataires, les culs entre deux chaises, les isolés, ceux qui voudraient bien mais... les policiers on les rencontrera, ah ça ira, ça ira et les pavés, on leur lancera ; nous écrivains, nous avons des revendications.
Come on let me know, shoul I stay or should I go
Hurlez écrivains impuissants ne jouissant que des mots
Hurlez votre colère
On raconte trop, le consensuel n'a pas lieu d'être dans notre histoire
On n'est pas des putes, ne faites pas le trottoir
La littérature, ça vous dit quelque chose ?
Il faudrait vous y remettre
Révoltez-vous
Branchez la basse et les guitares, faites hurler le son de vos stylos, on veut vous voir nus, on veut vous entendre, à poils and rock&roll

Troisième tribune : les biens pensants, trop bien pensants, tout est tracé dans leur carnet, ficelés les mots et les idées, du début à la fin, qui vont à la ligne. Point. Respect de la grammaire. Point. Une bonne orthographe. Point. Félicitations, dit la maîtresse. Ils pensent à leurs lecteurs, ils écrivent pour les prix, pour les critiques, pour papa-maman, pour un certain regard, moutons, moutons, bêêêêêê, bêêêêêê, bêêêêêê, restons groupés, VOUS NE FAITES PAS DE LA LITTÉRATURE, VOUS ÊTES MÉDIOCRES.
STOP
Vos livres me donnent mal à la tête.
STOP

Match final : Qui sera l'heureux gagnant ?
Le Grand public va-t-il enfin se rendre compte que tout cela n'est qu'un leurre ?
Notre rédaction vous tiendra au courant.

Une enquête de notre envoyé spécial : Arno Ska

Rédigé par OO le Dimanche 2 Mai 2010 à 19:00
d.n°25
EXTRAIT

Quoique fatigué de l'objet qui m'occupait, mon obstination était plus forte que mon dégoût. Je n'ai jamais abandonné une affaire, quand elle valait la peine d'être achevée ; il y a telle chose que j'ai poursuivie quinze et vingt ans de ma vie, aussi plein d'ardeur le dernier jour que le premier.

DIGRESSION

On pourra dire qu'elle m'a fait attendre. Trente ans. La garce !
Ma croix, ma pénitence, trois décennies sans un sourire, sans consentir à me regarder dans les yeux, à ne m'adresser plus de paroles qu'à ses chiens, son dédain et ses moqueries.
Je tins bon.

Constance de Siam, ma Constance, rencontrée le 13 juin 1783, seize ans tout au plus, je la dépassais d'une tête - un ange passe - elle me subjugua, le doute n'était plus permis, et je connus alors l'ivresse des sentiments.
Voilà ce qu'est l'amour !
Je la vis pour la première fois, au château du marquis de la Barre. Elle se baladait dans les jardins en compagnie de jeunes chiots après lesquels elle courait, ce qui lui faisait monter le rose aux joues.

J'attendais mon père venu dans l'espoir d'acheter quelques terres au marquis, sur le perron. Si l'affaire ne fut pas conclue entre les deux hommes, je me liai à jamais avec Constance, son visage, ses yeux, sa bouche gourmande. Elle me défia de l'aimer. Je lui jurai fidélité, elle l'oublia dans l'heure, j'en fis l'histoire de ma vie. Je ne m'étendrai pas sur tous les stratèges que je déployai pour la conquérir, en vain.

Elle se maria dans sa dix-septième année avec un petit comte pédant et sournois qui ne m'a jamais plu, et avec lequel elle eut quatre enfants.
Je n'y vis qu'un signe d'encouragement de sa part.

Constance de Siam m'obsédait, mes jours et mes nuits à ne penser qu'à elle.
Devant Dieu je jurai qu'elle deviendrait ma femme.
Je courtisais celles qui avaient son allure, dussè-je en payer certaines pour que je les confonde.
Jamais je ne pensai à abandonner mon rêve.
Ainsi...
Constance, âgée de quarante-six ans, la peau flétrie et un peu d'embonpoint - je ne l'en aimais que davantage, ni jeune, ni vieille, mienne - vint me trouver et me demandait l'aumône ; elle n'avait plus de fortune, son mari avait contracté des dettes qu'il n'arrivait pas à honorer, je restais son unique secours m'avoua-t-elle, tête baissée, en larmes. J'acceptai de lui venir en aide à la condition de la posséder une nuit et un jour. Elle s'y soumit, je décelai dans son regard outre le mépris, un certain contentement.

Nous convînmes d'une date, pendant laquelle son mari était en voyage ; elle ne lui en toucha mot.

Et j'ai aimé Mademoiselle de Siam durant une nuit et un jour, avec toute la force de mes trente années d'espérance. Je l'ai tant aimée qu'il m'eût été impossible de la voir repartir, c'est pourquoi, sans trop y réfléchir, je l'ai mangée.
Je n'avais pas le choix.
Pour ne pas l'entendre hurler, je commençai par la langue, puis la gorge, le cœur, et le corps tout entier.
Je me suis repu de Constance.
J'ai sucé jusqu'à l'os ; m'aidant de livres de médecine, j'ai reconstitué le squelette et j'ai pris la fuite aux Amériques. Je me surprends parfois à murmurer son nom, il me reste néanmoins en bouche un arrière-goût amère.

Il n'est pas bon, entendez-vous mon père, d'attendre trop longtemps pour assouvir ses passions...

Rédigé par OO le Samedi 1 Mai 2010 à 20:50
d.n°24
EXTRAIT
 
Quand, pendant un certain temps, on n'a fait qu'attendre, on finit pas se moquer de ce qui peut arriver après. Que cela ait duré cinq ans, dix ans ou un mois, c'est pareil.

DIGRESSION

Elle était devant son arbre, l'arbre que l'on avait planté pour elle à sa naissance, au fond du jardin. Il était son protecteur, elle avait grandi avec lui, elle se mesurait à lui au début, et puis elle avait baissé les bras, comprenant qu'elle n'irait jamais aussi haut que lui. Elle le prit pour confident, que pouvait-elle faire d'autre que de lui confier tous ses secrets ? Les pleurs, les disputes, les colères, les premières fois, il avait tout entendu, tout supporter sans qu'une seule de ses feuilles ne frémisse. Ce n'était pas un ami imaginaire, non, c'était son arbre, un point c'est tout.
Une force de la nature.
Un dimanche, en fin d'après-midi, elle partit. Elle avait sa vie à faire. Lui, était resté, un peu oublié, un peu délaissé, comme un ancien. Les parents lui élaguaient quelques branches quand y ils pensaient. Elle revenait de temps en temps, de moins en moins souvent.

Papa est tombé malade, il perd la boule," l'Alzheimer " ça touche n'importe qui, même un père.
Maman couvre les murs de la maisons de post-it jaunes.
9h15 : fermer les robinets de la salle de bains
11h : téléphoner à mamie, son numéro est enregistré dans le portable, touche 3
16h : ouvrir la porte au chien
et cetera...
Maintenant, les heures de la journée se décomptent sur des bouts de papiers collants. Papa ne veut pas de garde-malade, maman s'en arrange.

Parfois, il quittait la maison - espace stérile - et se dirigeait droit vers l'arbre, il semblait la reconnaître en ses racines, il s'entretenait avec l'arbre, il lui parlait de sa fille qui ne venait plus beaucoup le voir parce qu'il perdait la boule. Il lui raconta que sa femme avait préparé une fête pour ses 30 ans ; la fille n'était même pas passée par le jardin pour se rendre compte de la beauté de l'arbre, mais ça, ce n'était pas le problème du père. Son problème c'est qu'il avait revécu son troisième anniversaire, en 1983... Et ça, pour l'enfant devenue grande, c'était l'enfer. Elle ne supportait plus désormais de le voir, ni de lui parler.

Lorsqu'il était avec l'arbre, le père se souvenait de tout, après c'était un trou noir.

Avant qu'il ne soit trop tard, il s'est donné la mort, il a demandé à l'arbre de l'accompagner dans cette dernière épreuve, et il s'est pendu à une branche, ultime acte de conscience.

Alors la fille est revenue, l'arbre étant le dernier lien qui l'unissait à son père. Mais qu'en était-il de lui, l'arbre ?
L'arbre qui l'avait soutenue jusqu'à l'âge adulte et qu'elle avait laissé tomber sans remords, l'arbre qu'elle ne côtoyait plus que de loin, qui l'avait attendue pendant toutes ces années.
L'arbre qui désormais n'avait plus de ses nouvelles qu'avec l'aide des magnolias du jardin d'à côté, qui, par solidarité pour la souffrance de l'arbre, le renseignaient comme ils pouvaient - la mère racontant tout à la voisine.
Il était furieux, humilié, abandonné. Il avait cru qu'elle comprenait son langage ; parfois la nature accorde à certaines âmes le pouvoir de se fondre en elle. Il s'était trompé, elle n'avait pas le don, c'était bien une humaine-inhumaine.
Combien de temps était-il resté planté-là à espérer son retour ? Il avait tellement imaginé ce moment des retrouvailles... Aujourd'hui cela n'a plus d'importance, elle n'avait plus d'importance, on eut dit que l'arbre réfléchissait désormais avec un cœur humain. L'objet de son désir est revenu et il ne ressentait plus rien, et cela le désespérait encore plus que l'attente.

Au mois de mai, il y eut encore de terribles gelées, l'arbre, sentimentalement affaibli, ne réussit pas à les combattre. Toutes ses feuilles tombèrent en une nuit. Il n'y avait plus rien à attendre.

Rédigé par OO le Vendredi 30 Avril 2010 à 19:14
d.n°23
EXTRAIT
Dans la grange pleine de chuchotements et de murmures, Rose de Saron resta un instant immobile. Puis elle se remit péniblement debout, serrant le châle autour de ses épaules. Lentement, elle gagna le coin de la grange et se tint plantée devant l'étranger, considérant la face ravagée, les grands yeux angoissées. Et lentement elle s'étendit près de lui. Il secoua faiblement la tête. Rose de Saron écarta un coin du châle, découvrant un sein.
          - Si, il le faut, dit-elle.
Elle se pressa contre lui et attira sa tête vers elle.
          - Là ! Là.
Sa main glissa derrière la tête et la soutint. Ses doigts caressaient doucement les cheveux de l'homme. Elle leva les yeux, puis les baissa et regarda autour d'elle, dans l'ombre de la grange. Alors ses lèvres se rejoignirent dans un mystérieux sourire.

DIGRESSION

Mère nourricière, mères de tous les pays
Femmes faites pour engendrer
Y 'a des hommes qui vous disent bien merci
Merci de les avoir sauvés
Sans vous ils s'en seraient pas sortis
N'oubliez pas femmes de toute espèce de bien nourrir vos enfants
Enfants à la mère patrie reconnaissants
En bas, il y a des chevaux, même qu'il y en a qui ne voient plus le jour
Des chevaux devenus presque chats de vivre si bas, si bas
Si bas sous terre
Condamnés par les hommes aux travaux forcés
Ce travail n'est pas humain pour un centaure
Ils m'ont greffé un cheval, dit le mineur
Ils m'ont donné à l'homme, dit l'équidé
A la mort, à la mort, plus souvent qu'à la vie
Même pas mal, j'ai pas peur de m'écraser sous ton poids
J'ai peur quand il n'y a plus de bruit, ça annonce que tout va mal
J'en ai tant reçu sur la tête, de la terre, du minerai
Je fais du sous-terre, plus souvent qu' respirer
Mais les patrons sont contents
Les hommes se contentent de peu
Les hennissement du genre humain, je n' peux plus les souffrir
Cent mètres, deux cents mètres, trois cents mètres
Où es-tu mère nourricière ?
N'attendez pas vos hommes près des terrils
Ne donnez pas le sein à vos enfants dans les corons
Pensez au futur
Que faire avec après ?
Et s'ils s'échappent, il semble que c'est bien pire
Ils errent sur les routes, depuis 40 ans que font-ils ?
Les agriculteurs nous nourrissent mais la terre ne nourrit plus son homme
Les pauvres sont les riches d'hier
Qui nous donne à manger aujourd'hui ?
L'Etat, l'Assedic, les banquiers ?
Pourquoi donner le sein à qui n'a pas d'avenir

Rédigé par OO le Jeudi 29 Avril 2010 à 20:07
d.n°22
EXTRAIT

Je vais vers Lol V.Stein. Je l'embrasse, je la lèche, je la sens, je baise ses dents. Elle ne bouge pas. Elle est devenue belle.

DIGRESSION

UNIVERSITÉ DE PARIS 5
Amphithéâtre B
Cours du professeur Montpensier


Chers élèves,

Je vous prie d'être absolument attentifs au cours qui va suivre, cours pendant lequel je vais vous permettre d'acquérir des données capitales, je dirais même décisives pour les prochaines années, voire votre vie entière. Si certains d'entre vous en sont encore à se demander pourquoi ils ont choisi cette voie, les explications que je vais de ce pas leur fournir devraient ôter tous leurs doutes.
Bien.
Le sujet d'aujourd'hui traite des femmes. Vaste programme me direz-vous, aussi je vous prie de m'épargner durant cette heure, vos débordements, commentaires et autres sifflements.
Je vous remercie.
Un groupe de chercheurs américain a pu démontrer - après une étude d'une durée totale de quinze ans, réalisée sur un échantillon de 1300 femelles à caractère normal et âgées de 21 à 55 ans - qu'une femme quelconque confrontée à un certain type de désir masculin, devient belle en quelques 48 heures. Non, non ne riez pas messieurs, s'il vous plait. Cette affirmation se révèle exacte dans 66,87 % des cas, ce qui mérite toute notre attention.
Placées en situation d'être regardées différemment, d'être touchées et aimées de façon virile, ces femmes recouvrent estime de soi, vitalité, charme, et dans les cas les plus extrêmes, sex-appeal.
Certains mâles sont donc appelés des "découvreurs de talents". Il ne tient qu'à vous, une fois mon intervention terminée, de décider de votre sort : précurseur ou conformiste !
Je vous demande d'être très attentifs à ce qui suit ; le futur de notre profession repose sur vos capacités à assimiler les prochaines données.
Nous allons donc, dès à présent, nous concentrer sur ces "étalons" d'un nouveau genre et leur particularisme. Vous ne serez pas étonnés d'apprendre que le "cerveau" à la tête de cette grande enquête d'investigation, est un américain, le professeur Donald Ejuan, notre bien-aimé confrère, dont l'unique objectif a toujours été d'amener les femmes sur le sentier de l'harmonie et de la grâce.
Et sa découverte est pour le moins surprenante.
Mais avant de vous révéler son secret, permettez-moi de vous faire écouter cet enregistrement. Il s'agit de Sylvie, assistante vétérinaire, que j'ai recrutée sur le Net le mois dernier. Avant mon intervention, je peux vous certifier que jamais personne dans la rue ne se retournait sur elle, depuis - si je puis m'exprimer ainsi - j'en ai fait de la pâtée pour chien. (rires gras accordés)
Tendez bien l'oreille, Sylvie est en conversation avec ma secrétaire, censée recueillir ses impressions sur cette expérience.
" Lécher les dents, je ne me lasse pas de cette phrase, jouir et qu'il me baise les dents, je suis dépendante de ses bourrasques, de ses tournoiements dans ma bouche, je suis redevenue adolescente. Je n'ai jamais été autant embrassée que par cet homme, à la pelle, à en perdre haleine. Je me sens si belle, belle comme jamais auparavant, je suis aux anges, je suis ravie. Ah chéri, regarde mes dents, dites-moi encore "je vous aime."
- Ouah, ouah
- Ouah, ouah
- Silence Loulou ! "

Hum, bon, alors chers élèves, je pense que vous avez compris quel est le secret du professeur Donald Ejuan ?
Les dents !
Oui, vous avez bien entendu, pour rendre une femme belle et heureuse, il faut s'occuper de ses dents.
Aussi, chers futurs collègues, chers futurs chirurgiens-dentistes, le bien-être de millions de femmes à travers le monde est entre vos mains.
Alors, apprenez bien vos cours théoriques et surtout, de la pratique, de la pratique, de la pratique... je vous le répète, messieurs, les femmes ont besoin de vous !

Rédigé par OO le Mercredi 28 Avril 2010 à 19:25
d.n°21
EXTRAIT

Le meneur de jeu les a lâchés sur la question des logements construits par l'État, et Franny a répondu qu'elle détestait les maisons qui se ressemblent toutes - elle en avait justement après ces rangées de maisons identiques que construisent les services officiels ; et Zooey, lui, a répondu qu'il les trouvait "bien". Il a dit que ce serait très "bien" de croire rentrer chez soi et de pénétrer chez le voisin par erreur. De dîner avec des inconnus par erreur, de dormir dans le lit d'un autre par erreur, et d'embrasser tout le monde le matin avant d'aller au travail, en pensant que c'est votre propre famille.

DIGRESSION

Bonsoir, je suis Monsieur Schmidt, nous avions rendez-vous à 18h30.
Bien sûr, Monsieur Schmidt, entrez je vous en prie.
C'est une magnifique demeure que vous avez là.
Je vous remercie, c'est un héritage, mon mari... son vieil oncle est décédé il y une dizaine d'année, il n'avait pas d'enfant, c'est mon mari qui a hérité de tout, la maison, le parc, les bois...
Bien sûr, je vois. C'est votre mari sur cette photo ?
Parfaitement. Elle a été prise pendant un match de polo à Buenos Aires, c'est là que nous nous sommes rencontrés. Vous connaissez cette ville Monsieur Schmidt ?
Non, malheureusement.
Oh, c'est une ville extraordinaire, immense, tentaculaire, avec une odeur... je n'ai jamais bien su la définir, certains arbres - j'ignore lesquels - diffusent une senteur rare et pénétrante, une odeur piquante - si j'osais je dirais presque sexuelle - qui monte à la tête et vous enivre.
C'est tellement plus existant de parler des odeurs plutôt que des gens ou de l'architecture. Tenez, quel parfum portez-vous Monsieur Schmidt ?
Un parfum français, eau sauvage de Christian Dior.
Quelle élégance ! Cela n'a rien de surprenant, mon mari porte également cette fragrance, il vous ressemble un peu : grand, mince, le regard froid et distant. Il aime beaucoup le bleu, comme vous d'ailleurs. Ce costume bleu ciel vous sied à ravir. Venez par ici, voyez... mon mari a tenu à ce que toute la décoration du salon repose sur des nuancés de bleu. Il dit que cela lui rappelle les ciels de son enfance, ses vacances en famille à Long Island.
Montrez-moi la chambre à coucher, voulez-vous, chère Madame ?
Bien volontiers Monsieur Schmidt. C'est une chambre un peu particulière, loin des standings américains, je n'ai jamais mis les pieds au Japon mais je suis totalement fascinée par la culture de ce pays, aussi comme vous pouvez vous en rendre compte, j'ai fait remplacer à l'étage - avec l'autorisation de mon mari - toutes les portes par des cloisons coulissantes et...
Je suis extrêmement troublé d'être avec vous dans cette chambre chère amie, je me sens si proche de vous, de votre univers, j'ai l'impression que nous nous connaissons... je ne sais pas... est-ce que vous me connaissez ?
Non, cher Monsieur, je ne vous connais pas intimement.
Ce n'est pas possible, tout ce dont vous me parlez fait écho en moi, l'atmosphère de cette maison, votre voix, vos déplacements, je ne peux ignorer vos jambes parfaites et ce brushing si soigné. Lorenzo est votre coiffeur, n'est-ce pas ?
Oui, mais, Lorenzo coiffe toutes les femmes du quartier.
Parlez-moi de votre mari, quelle est sa profession ? Vous aime-t-il ?
Monsieur Schmidt, mon époux est comme vous représentant de commerce, il travaille dur la semaine, il est sur les routes du lundi au vendredi, il dort le plus souvent dans des motels aux abords des villes. Nous avons organisé notre vie suivant son emploi du temps, le week-end, je lui suis entièrement dévouée.
Nous sommes vendredi soir, je vous préviens qu'il ne devrait plus tarder à arriver, d'une minute à l'autre, il franchira la porte d'entrée et prononcera mon nom d'une voix calme et tranquille.
Allongez-vous, je vous aime.
Monsieur Schmidt, je vous en prie.
Ne me forcez pas à vous brutaliser. Je suis ici chez moi, vous êtes dans ma maison.
Monsieur Schmidt, ce n'est pas ce qui était convenu.
Étendez-vous sur le lit.
Monsieur Schmidt, je suis votre voisine, votre femme est dans la maison d'à côté, il s'agit d'un jeu.
Je n'ai qu'une seule femme et elle est devant moi.

Rédigé par OO le Mardi 27 Avril 2010 à 14:26
d.n°20
EXTRAIT

                                                                       Willy, coléreux.
Rien ne s'est passé. Qu'est-ce que tu veux dire avec ton : "Qu'est-ce qui s'est passé?" Qu'est-ce que ça vient faire la dedans ?

                                                                            Bernard
Ce n'est pas la peine de vous fâcher !

                                                                        Willy, idem.
Qu'est-ce que tu essaies de faire ? De rejeter la faute sur moi ? Un gamin se laisse couler à pic ; et c'est ma faute, sans doute ?

                                                                            Bernard
Mais, Willy, il y a toujours une raison quand on coule à pic...

DIGRESSION

Je n'ai rien à vous dire, vous êtes comme tous les hommes, un manipulateur, peut-être même pire encore. Je sais qui vous êtes, vous voulez me faire parler, pour vos notes, pour la postérité.
Comment voyez-vous mon âme ? Pure ? Noire ?
Cette satanée couleur !
Le deuil je l'ai porté toute ma vie, le deuil d'un père, de ma mère, de l'enfance, de ne pas avoir eu d'enfant, du bonheur.
J'ai souvent rêvé de ce grand trou noir qui ne mène nulle part et dans lequel je tombe, aucune paroi à laquelle me raccrocher, je descends toujours, il n'y a pas de fin ; et soudain, alors que je finis par m'y habituer, je me réveille en sursaut.
C'est tellement banal ce rêve, n'est-ce pas ? enfin, je veux dire, pour moi, par rapport à ce que je représente, rêver à l'instar du plus commun des mortels, ça doit en faire rire plus d'un. Moi qui toute ma vie ai essayé de me démarquer... 
Ça vous fait rire ?
Riez donc, mais riez, riez, imbécile.

Oh !

Croyez-vous que ce rêve signifie le désir d'un retour à une vie ordinaire, une vie morne et sans éclat, comme avant ?
Tant d'années à me consacrer à ma carrière pour redevenir une inconnue, jamais !
Jamais vous m'entendez !

Oh !

Ou alors, plus prosaïquement, cela reflète t-il le vide de ma vie, le vide insondable qui est en moi ? Je serais donc aussi creuse qu'une bouteille de Coca, une boîte de soupe Campbell ?
Je sais ce que vous allez me dire, c'est l'image que l'on a de moi.
Qu'y puis-je ?

Ah !

J'aime les hommes... les grands hommes

Ça suffit avec mon père, c'est mon problème !

Je suis lasse de tous ces hommes, c'est un cercle vicieux. Ils me veulent blonde, ils me veulent sexy, ils me veulent stupide et ravissante, alors je me plie à leurs désirs, uniquement pour ces premiers instants divins pendant lesquels ils m'étreignent, quand je vois dans leurs yeux la victoire d'avoir conquis la femme, qu'ils me considèrent encore comme un diamant. Mais l'instant d'après je vois qu'ils aimeraient avoir autour d'eux leurs copains, leurs sales copains ; et ils me livrent en pâture à ces chiens, parce qu'ils ont compris instinctivement que j'étais prête à tout donner. Les pauvres, ils ne comprennent même pas ce qu'il leur arrive.
Un mythe, chéri, ça n'a pas de prix.
Ils me touchent en médecin, ils m'auscultent le corps, ils farfouillent, pour bien se remémorer, pour mieux en parler demain aux copains.
Ils vont écouter mes cris, s'attarder sur la poitrine, mais aucun ne me fera jouir, à quoi ça sert ? ils sont là pour prendre leur pied, moi, je ne compte pas, ce n'est pas ce qu'ils recherchent.
Ils jouent à la poupée des grands. Moi ? je ne suis qu'un détails.
Et je me sens seule dans leurs bras tout-à-coup, je sais qu'il va encore m'abandonner, que je vais me retrouver seule dans cette maison, seule comme quand j'étais gamine.

Qui peut comprendre ce que je suis devenue ? Vous ? VOUS ? menteur ! On analyse un fantasme, on ne le comprend pas.

Combien de temps cela va-t-il encore durer ? Je me sens si mal, si fatiguée. Y a t-il une seule personne sur cette terre qui me voit telle que je suis ? sans les paillettes, sans les opérations, sans les fourrures, sans les sourires ?
Oh assez ! je ne peux pas y échapper, je me suis enfermée dans une autre, je ne pense pas qu'il y ait d'issue à ce système, non, non, vous aurez beau me convaincre du contraire....

Vous n'êtes pas à ma place !

Laissez-moi fumer une cigarette, laissez-moi fumer, j'en ai besoin.
Voyez mes mains manucurées, ma taille fine, mes dents si blanches, mon nez minuscule, ce n'est pas à moi. Elle a pris mon identité, l'autre, cette traînée de l'Amérique puritaine a pris ma place, je me rends, and the winner is...

Mon Dieu, laissez partir Marilyn, je vous en supplie laissez-la partir, elle n'en peut plus.

Rédigé par Olivia Merlen le Mercredi 14 Avril 2010 à 15:57
d.n°19
EXTRAIT

La musique doit vous rendre fou, sinon elle n'est rien.

DIGRESSION

Je m'appelle Laurent.
Il suit les gens dans la rue.
Laurent est jour et nuit dans la rue avec les gens.
Il épelle les noms d'hommes politiques et les prénoms de femmes, les plaques sur les immeubles.
Je m'appelle Laurent.
J'adore la publicité, quand je suis en filature, pour me divertir je lis tout haut les slogans des grands industriels.
J'ai besoin du bruit tout le temps, c'est pour ça que je vis près du périphérique, la fenêtre de la chambre grande ouverte, j'entends respirer les voitures, j'écoute les accidents, je me divertis.
Je m'appelle Laurent, je suis les gens dans la rue, si vous le croisez ne le prenez pas pour un fou, c'est un leurre.
Le croyez-vous, fou qu'il était ?

A perdre haleine, Laurent fait aussi son jogging dans les bois.

Un jour il s'en prit à une femme, la quarantaine. Il marchait sur ses traces, elle tournait à droite, il tournait, elle ralentissait, il téléphonait, elle changeait de trottoir, il la devançait en courant. Et hop, une révérence. Il dodelinait de la tête, la bouche pleine de mots imprononçables, il claquait des doigts en rythme. La femme avait peur, elle remontait l'avenue Paul Doumer et il n'y avait personne. Il se mit à sauter autour d'elle, cela il ne l'avait jamais fait auparavant. Il pleuvait. Il courait dans les flaques et l'éclaboussait comme un gosse, i'm singing in the rain babe, just singing in the rain. Voilà qu'il était Fred Astaire, et qui était-elle la presque vieille, entre deux âges avec son air crispé ? Flic, flac, floc, c'était mieux qu'à la télé. Il lui manquait un chapeau de paille pour s'appeler...  reviens Gauguin, coquin, reviens si tu l'oses me couper l'oreille. Il se tirait l'oreille devant elle, il l'étendait aussi fort qu'il pouvait pour qu'elle puisse entendre.

Je m'appelle Laurent, il s'appelle Laurent, appelons-le Laurent.

Viens petite-fille dans mon comic strip. Et devant lui une affiche, des comédiens, il lut, il la força à écouter, une pièce qui se jouait à Montparnasse, histoire d'un homme et d'une femme. Chabadabada, reviens petite salope, dansons sous la pluie, je reste Fred Astaire, tu seras Gene Kelly, qu'importe que tu ne sois pas un homme moussaillon, nous ne vieillirons pas ensemble. Il lui prit la main, elle était trempée, tremblante, n'osait rien répliquer. Il la secouait, twist again, c'est bon pour la santé ma vieille.
Avait-il un couteau, une arme, fallait-il crier ?
Un bus passe, viens poupée on va tailler la router, allons aux courses, c'est dimanche à Auteuil.
Je t'aime, je t'aime, oh oui je t'aime, moi non plus. Le bus ne s'arrête pas, il la pousse, il veut qu'elle continue à marcher, il l'oblige, il veut la suivre jusqu'à chez elle c'est tout ce qu'il demande. Après ? après, il la lâche, c'est promis. Ça fait déjà huit heures qu'il est dans la rue, ses jambes fatiguent, il a froid, son imperméable est humide. Allez, rentre chez toi, et fais plus attention, on rencontre n'importe qui dans cette ville, de toute façon ma batterie est à plat.
 
Il porte toujours un casque sur la tête, 25 000 titres enregistrés sur un vieil mp3. Il ne peut pas s'en passer, sans la musique Laurent devient fou.

Je m'appelle Laurent, tu t'appelles Laurent, tu t'appelles Laurent, Laurent, Laurent, Laurent le fou.

Rédigé par OO le Dimanche 11 Avril 2010 à 21:24
1 2 3 4


Dernières notes
Avertissement 07/01/2012
d.n°37 27/05/2010
d.n°36 15/05/2010
d.n°35 13/05/2010
d.n°34 12/05/2010
d.n°33 11/05/2010
d.n°32 10/05/2010
d.n°31 09/05/2010
d.n°30 07/05/2010
d.n°29 06/05/2010

Liste de liens